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Différentes possibilités :

Cibler un âge précis et une plateforme précise, ainsi qu’une matière.

Sélectionner âge et type de plateforme en-haut de la page, ainsi qu’une « matière », une catégorie  dans l’encart.

Important : lorsque vous poursuivrez la navigation, ces choix resteront mémorisés.

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Exemple de sélection « 6 ans » – « iPad » – « anglais ».

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Pour sortir de cette sélection fine, il faut désélectionner « 6 ans » – « iPad – anglais » en allant sur « Tous les âges », « Toutes les plateformes » et « Toutes les catégories ».

Avec un mot-clef, c’est possible aussi. « Dauphin » tapé dans le moteur de recherche et let’s go !

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Début

Réinventer l’éducation sans plus de moyens

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Qu’est ce qui manque ? Des moyens.

Pourquoi les élèves stagnent ? Par manque de moyens.

Et les progrès ? On peut pas, y’a pas d’moyens.

On parle sans arrêt de pauvreté de moyens sans jamais se remettre en cause. Un enseignant peut faire des tonnes de choses sans avoir de budget énorme, encore faut-il le vouloir.

Et beaucoup, énormément le font car il n’y a pas beaucoup de sous. Mais où passe l’argent, alors ? Car les sommes allouées sont conséquentes. Il passe dans le 2nd degré.

En France, la somme investie est tout à fait au niveau du reste des pays européens. On est même dans le haut du classement. Sauf pour le primaire. On investit le double pour un élève au lycée … alors que c’est au primaire que tout se joue.
Et c’est de plus en plus marqué.

Comme les moyens n’afflueront pas demain, que fait-on en attendant, en ayant beaucoup d’élèves et peu d’argent à dépenser ?

Voici des exemples, du pragmatique :

  • Parler de la digestion en classe et apporter un système digestif de lapin à étudier : gratuit chez le boucher (il faut insister mais s’il est sympa, il en fournira) ;
  • Idem pour les poumons (et on les gonfle à l’aide d’une paille : effet waouh / bêêêh garanti et les enfants sont fans) ;
  • Lecture de contes à voix haute dans la classe et expression écrite originale => zéro moyens et fait totalement rêver les enfants ;
  • On fait une mise en scène en créant les costumes avec vieux vêtements et bricolage => cela engage beaucoup les enfants et donne un projet de longue haleine avec présentation aux parents à la fin. Les enfants ne voulant pas les décevoir, ils se donnent.
  • De l’anglais ? On apprend une chanson hyper classe type « sugar town de Nancy Sinatra : zéro moyen et effet « génial !!! » garanti etc etc etc …
  • Développer la tolérance en se disant bonjour dans toutes les langues le matin : on affiche un panneau sur lequel nous inscrivons les bonjour apportés par les élèves au fur et à mesure de l’année et au lieu de faire l’appel ou de vérifier vite fait, de temps en temps, nous faisons, dans l’ordre alphabétique (donc chacun dira toujours bonjour au même enfant, mais en variant les langues) un « bonjour ». On apprend des tas de langues de cette manière-là.
  • Expériences de la Main à la pâte nécessitant peu de matériel.
  • De la cuisine : on fait une salade de fruits avec les fruits apportés, mais EN ANGLAIS ONLY (uniquement).
  • On écrit des cartes de vœux fabriquées par nos soins et les envoyons à qui nous voulons mais écrites à la perfection, joliment, sans erreur et nous apprenons à écrire une adresse correctement (zéro moyens nécessaires à part le timbre à faire apporter par la familia).

Les enfants sont ultra enthousiastes, pourvu que la nourriture servie soit alléchante. Ceux qui sont en permanence en train de râler, ce sont nous, les adultes. Et ça, ce « gnangnantisme » se transmet, c’est certain.

Alors oui, il faudrait changer le management des enseignants, filer du chômage à ceux qui en ont assez d’être devant des enfants et veulent partir, car c’est affreux d’être obligé d’être à un poste et faire souffrir des générations d’élèves parce-qu’on en a assez d’être là. Il faut avoir envie d’être avec des enfants tout le temps : ce n’est pas donné à tout le monde et c’est véritablement usant car on donne énormément de sa personne, ÉNORMÉMENT.

Il faudrait aussi qu’un directeur ait la main sur son équipe (avec bienveillance : on ne parle pas de coups de fouet, n’est ce pas !) et soit le supérieur hiérarchique (je vais faire hurler dans les chaumières mais c’est vrai) : comment manager 15 personnes invirables, inaugmentables ?

Alors non, le numérique ne sauvera pas l’éducation ; ce qui la sauvera sera la motivation des enseignants à être là et à s’investir encore plus pour les enfants.

Comment les motiver ? En faisant du recrutement des profs des écoles une filière d’excellence et non un job par défaut, dans certains cas – je sais que cet article ne plaira pas à tous … mais il part de constats – partagés aussi par Le Parisien « Faut-il renvoyer les profs à l’école ? » – article ci-dessous.

En bleu, le revenu moyen en fonction des études : les plus diplômés en haut, les moins en bas.
À droite, en vert, le taux de chômage en fonction – toujours – du niveau d’étude : les plus diplômés en haut, les moins en bas.
On voit bien que la proportion de chômeurs est tellement plus importante lorsque le niveau de qualification est moindre.


Quelle solution à cela ? On parle d’un corolaire entre la somme allouée à l’éducation et le taux de chômage …

Ce que je ferais ? Pas des tonnes de tablettes pour tous, non. Je pense que c’est de l’argent jeté par la fenêtre.
J’augmenterais énormément les salaires des profs et rehausserais la moyenne nécessaire pour être admis au concours, ceci pour avoir des profs d’excellence à l’école.
Le salaire élevé est une carotte : il ne faut pas se leurrer. Ainsi, si ce métier est bien rémunéré, les meilleurs auront envie d’y venir. Et on sortira du recrutement à 6 ou 8 de moyenne dans certaines académies car personne ne veut s’y coller.
6 de moyenne ! Quel niveau peut-on espérer pour un enseignant à 6 de moyenne au concours ? Quelles transmissions de savoir, à quel niveau ?
J’ai des témoignages de mamans qui m’écrivent et me font part de leur désarroi parfois. Des cahiers rentrant tellement saturés d’erreurs que les parents voulaient sortir l’enfant de l’école …

Il y a des choses à faire mais pas ce que les politiques standards semblent croire : pas en mettant des tonnes de moyens dans des outils numériques. Pas tout de suite, non.

Mettre des moyens dans le recrutement des profs, leur formation et leur donner ENVIE d’être là, devant les enfants. Ne pas faire de ce métier un métier par défaut.

Par Julie Kuhn, aka Super-Julie