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Pas de bonheur sans souffrance

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Ça, c’est un titre qui ne laisse pas indifférent. J’en suis consciente.

Il fait mal car on anticipe. On pense à ses enfants dont le but de notre existence – parmi d’autres choses – est de faire en sorte qu’ils soient heureux. Tout le temps. En souffrant le moins possible.

Problème. Problème soulevé avec clairvoyance par ce grand parmi les grands – j’apprécie tant ce spécialiste des neurosciences et de l’enfance qu’est Boris Cyrulnik – qui est celui du contraste.

Un élément est mieux mis en lumière s’il apparaît par contraste avec le reste. Si tout est éclairé de la même manière, tout paraît plus fade. C’est un principe de base en photo. C’est un principe de base dans la vie.

L’absence crée le désir. L’omniprésence crée l’ennui et la lassitude. Avoir accès à tout fait que l’on n’apprécie plus rien. Avoir accès à moins fait que l’on apprécie le brin de fleur apporté, le moindre geste de la main …

Attention : la privation extrême de tout est, évidemment, absolument nocive car elle entraîne la mort psychique voire physique du sujet en déprivation.

Concernant nos enfants, nous avons tendance à tout vouloir pour eux. Sans créer le manque ni l’absence (si ce n’est l’absence de nos présences, parfois, souvent …). Or cette abondance n’est pas propice au bonheur et il va nécessairement falloir qu’ils passent par la déprivation pour ensuite être heureux d’avoir ce qu’ils auront.

Cet article décortique une interview de Boris Cyrulnik, psychiatre et psychanalyste français, réalisée pour le magazine web www.cles.com et consultable dans son intégralité en cliquant ici.

« Au regard de la neurologie, le bonheur et le malheur ne sont pas extérieurs au sujet. Ils sont dans le sujet. » Boris Cyrulnik

Il veut dire par là que les centres du bonheur et du malheur se trouvent en nous et qu’une même réalité peut être perçue de deux manières totalement opposées. Nous pouvons soit ressentir une joie immense soit une souffrance. Cela est dû à des renflements dans le cerveau qui seront « actionnés » ou non.

« Placez des gens dans une situation de bonheur total, où tous leurs vœux sont immédiatement exaucés, où rien ne vient contrarier leurs moindres désirs : ils se retrouvent vite malheureux. À partir d’une certaine dose, tout bonheur devient insoutenable. » Boris Cyrulnik

Le bonheur ne demande par d’héroïsme ne de réalisation de soi. C’est dans le malheur que l’on révèle son courage contre l’adversité et sa volonté de s’en sortir. Le malheur est stimulant. Et chaque parcelle de terrain gagné sera une vraie victoire.

Ce qui me fait penser à ces millionnaires qui ne font pas hériter leurs enfants de toute leur fortune (cf. Bill Gates) mais ne leur laisse qu’une partie nécessitant de leur part – à ces enfants – des efforts à fournir pour s’en sortir. Ce sera leur victoire, leur chemin et non celui du papa qui aurait tout jalonné. La vie est plus belle lorsqu’on l’a méritée. Et sans ce combat pour la vie, nous ne pourrions pas aimer vraiment.

« Après le traumatisme de la naissance, le petit humain découvre le malheur. » Boris Cyrulnik

Le froid, la faim, la lumière crue … À peine né déjà malheureux. Et heureusement que c’est comme cela car cet état lui fait mesurer la chance et la plénitude d’être enveloppé, nourri, réchauffé … D’avoir accès au bonheur. Il est si bien après alors qu’il était si mal avant. Cela crée l’attachement. Le bébé SAIT que son bonheur et son bien-être dépend de sa maman, de son papa, de l’humain qui va le choyer et répondre à son appel lorsqu’il sera dans le besoin. Si le bébé n’a jamais besoin de rien, nul raison de s’attacher à qui que ce soit.

« Si maman ne m’entoure pas, je souffre. Mais si elle m’entoure trop, je souffre aussi. » L’être humain ne peut se construire que dans l’alternance, la respiration bonheur-malheur. Et si cette dernière doit être la plus harmonieuse possible, elle doit également suivre un certain rythme. Car, si le bonheur ne peut durer, le malheur non plus … » Boris Cyrulnik

D’où le rejet aussi de l’emprise des parents à l’adolescence. Les parents entourant, aimant sans bornes et sans conditions sont de trop dans l’aspiration du jeune adulte à se réaliser, à conquérir le monde, à se prouver ce dont il est capable et ce pourquoi il est fait.

Les bras qui ont entouré et assuré le bonheur, la sécurité doivent s’ouvrir pour libérer. L’enfant va briser le cocon car cette sécurité affective reçue lui aura donné suffisamment confiance pour connaître le malheur – momentanément – le vaincre et créer ses conditions du bonheur à lui.

« Tous les pédiatres qui travaillent dans les pays en guerre ou en misère savent que les enfants abandonnés ne pleurent pas. Ils attendent la mort en silence. Ils sont morts psychiquement avant de mourir physiquement. Leurs cellules cérébrales sont les premières à s’étioler puisqu’elles ne sont plus stimulées. Puis la base du cerveau arrête ses sécrétions hormonales. Et tout le corps dépérit. » Boris Cyrulnik

Le corps et l’esprit en trop grande souffrance ne peuvent trouver les ressources pour surmonter une douleur immense. Et ils abandonnent la partie, se laissent mourir.

Dans le cas d’un développement dans un environnement affectif stable, le cerveau de l’enfant se développe selon ces étapes cruciales – citant Boris Cyrulnik :

  • longue période d’intelligence sans parole : l’enfant décode le monde par des images
  • 3 ans : stade de la parole maîtrisée
  • 7 ans : parole récitée, l’enfant peut faire un récit de soi-même car le lobe pré-frontal de l’anticipation est connecté aux circuits de la mémoire permettant une représentation du temps.

Plus tard, lorsque le cerveau est mature, vient aussi la compassion, l’empathie. Le petit ressent ses émotions au premier degré, il est auto-centré et n’arrive pas à « se mettre à la place d’autrui ». Il s’agit de lui, lui, et lui. Forcément, il est le centre d’attention de ses parents depuis sa naissance.

Mais plus tard, il pourra ressentir ce que ressentent ses congénères. C’est d’ailleurs ce qui nous rend véritablement humains. On peut vivre la joie ou la souffrance de quelqu’un par « procuration », par « effet miroir » en quelques sortes. Cela grâce à nos « neurones miroir » : ceux qui nous permettent de communiquer, d’imaginer exécuter une action ou de se retenir d’exécuter cette action car nous observons un congénère en train de la faire.

Ceux qui nous permettent de ressentir des sentiments ressentis par d’autres. Quelqu’un se blesse. Nous n’avons rien mais plus cette personne nous est proche, plus nous souffrons dans notre chair et notre sang. Ce sont les neurones miroirs qui permettent cela : « Lui, il est blessé, il saigne. Moi, je souffre de la représentation que je me fais de sa souffrance. » Boris Cyrulnik

Sur la question de la détermination génétique de l’être humain … Boris Cyrulnik vient de nous libérer d’un coup d’une détermination génétique. Quelle liberté qui souffle d’un seul coup sur nous !

« Aujourd’hui, nous savons que personne n’est programmé. Même génétiquement. L’idée que nos gènes nous déterminent a fait long feu. »

Nous sommes très proches génétiquement du chimpanzé, du porc, du ver de terre.

« Le déterminant génétique donne un être humain. Mais pour donner telle personne réelle, il faut toute la condition humaine, la mémoire, la culture, l’histoire. La moindre variation de l’environnement modifie l’expression des gènes. »  Boris Cyrulnik

Ainsi, notre père et notre mère nous ont donné un patrimoine génétique  MAIS ce sont véritablement notre environnement, notre culture, notre histoire etc … tout ce qui nous influence qui font de nous l’être humain que nous sommes.

Vous la sentez, la pression qui vient de se libérer ? Je ne suis pas obligée de porter sur mes épaules le poids de ce que sont mes parents et des traits de caractères qui sont les leurs pour exister.

Boris Cyrulnik : « Je crois ainsi que la distinction gène/environnement – c’est-à-dire inné/acquis – est purement idéologique et pas du tout scientifique. Le gène est aussi vital que l’environnement, ils sont inséparables. Nous sommes déterminés à 100 % par nos gènes et à 100% par notre environnement. »

L’importance des interactions humaines pour se sentir bien n’est plus à démontrer. Il paraitrait que nous avons un nombre de mots défini à dire dans la journée pour se sentir à l’aise, pour se sentir exister … et comme le dit Boris Cyrulnik : « Relation familiale, amicale, villageoise, professionnelle, confessionnelle, politique, artistique… peu importe.  Si nous vivions comme jadis dans des structures affectives, nous n’aurions que rarement besoin de psychotropes et d’antidépresseurs. Mais notre culture a détruit ça.

Pour bien se porter, il faut participer à la vie sociale. L’amélioration de la technologie s’accompagne partout d’une augmentation de l’isolement, de l’angoisse et des dépressions. »

Et Boris Cyrulnik de conclure un peu sur le mode de Super-Julie qui prône l’apéro partout et tout le temps pour vivre heureux : « À chacun de savoir augmenter la communication affective dans sa vie – prendre le temps de cuisiner lentement, de recevoir des amis, de rire en faisant les andouilles… Il faut multiplier les rituels de rencontres, les fêtes de quartiers, les retrouvailles de toutes sortes, les chorales, les associations de pétanque, les tables d’hôte… »

Je crois que nous sommes raccords, avec M. Cyrulnik. Et ce depuis de longues années car son discours est tout à fait en accord avec mes convictions et intuitions intimes, qui sont, elles, liées à l’observation d’enfants de France et à l’étranger, ainsi que de leur comportement social.

En gros, vive l’apéro et nous voilà de beaux animaux sociaux vivant en harmonie avec leurs semblables.