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Exemple de sélection « 6 ans » – « iPad » – « anglais ».

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Pour sortir de cette sélection fine, il faut désélectionner « 6 ans » – « iPad – anglais » en allant sur « Tous les âges », « Toutes les plateformes » et « Toutes les catégories ».

Avec un mot-clef, c’est possible aussi. « Dauphin » tapé dans le moteur de recherche et let’s go !

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Début

Non, les structures privées ne sauveront pas l’école !

Car elles sont et seront certainement toujours trop chères pour la population.

Mais elles enrichiront les pratiques pédagogiques car de nouvelles choses y sont testées. Et elles nourriront le public qui, lui, doit absolument se réinventer en incluant la confiance et l’écoute dans le trio « enfant – parent – prof », et bien évidemment, la bienveillance.

Je VEUX une école pour tous et non scindée entre le public et le privé ; je veux de l’excellence dans le public, de l’exigence et du niveau à tous les étages ; du rire et de la manipulation, du respect et de l’empathie de tous les côtés, pour les profs, les élèves et les parents ; de l’investissement du corps enseignant et des parents pour l’enfant => ça, c’est déjà le cas 🙂

Les petites structures scolaires 100 % privées fleurissent de toute part. Le public se désertifie et la mixité sociale s’amenuise parce que l’on n’a plus envie d’y croire et que le niveau y est parfois catastrophique, tout du moins « en baisse ».

J’aborde, ici, l’angle des écoles sans professeurs, qui se développent à vitesse grand V. Je ne parle pas des écoles ayant une structure éducative plus affirmée, avec mélange de niveaux, éducation par les pairs, mentorat, tutorat ET professeurs présents pour guider les enfants et proposant des ateliers. Ces écoles sont plus proches d’un système « standard » et serait à développer dans le public très rapidement, selon moi (système d’enseignement mutuel, cf. vidéo d’explication ici). Pour faire évoluer l’école dans le bon sens avec les ingrédients essentiels précités, jetez-vous sur le film de Judith Grumbach « Une idée folle ».

Le discours autour de moi (par exemple, lors d’une table ronde que j’animais avec Nicolas Sadirac, que je salue et admire, dirigeant et cofondateur de l’école 42  ; et de bien d’autres, acteurs ou non de l’éducation, ayant un avis bien tranché sur la question) est de dire que l’école publique est « nulle et non avenue » et que l’enfant apprend bien mieux tout seul, chez lui, ou dans un lieu « sans professeur ». Comme dans les écoles type « écoles démocratiques » ou « écoles dynamiques ». OUI à ce modèle pour des écoles comme 42, avec des élèves plus grands … Mais en élémentaire, un guide d’apprentissage que représente le professeur s’avère être utile. Et ce sont les élèves qui le disent.
Malgré cela, de plus en plus, le professeur est LA personne à abattre. Père de tous les maux et surtout du piètre niveau de nos enfants.

Sans compter que la suite du discours est que le savoir apporté par l’école est de toutes manières inutile et si on pouvait commencer par apprendre à « acheter du pain » (véridique), ce serait « génial ».
Pour commencer, ces savoirs dits « pratiques », de base, peuvent être apportés par les parents. Tout comme l’hygiène, la politesse et le respect du prochain.

Voici alors une bonne partie de l’éducation qui démarre avant l’école (bien avant 3 ans) et doit se poursuivre tous les jours, dans tous les moments « off école » et « at home » ou dans la société civile.

Revenons-en à l’instruction pure. Pour certains, elle serait meilleure sans « professeur » ?

MAIS TOUT DÉPEND DE VOTRE ENVIRONNEMENT !

Premier sur ma liste à défendre l’instruction sans professeur, sans structure et il sait de quoi il parle pour l’avoir vécu : Nicolas Sadirac qui voudrait « une école sans prof, considéré comme un ennemi au sens où il bride la créativité des élèves ».

En creusant l’histoire de son enfance, il s’est avéré qu’il avait deux parents chercheurs en physique, coopérants, en poste en Afrique, qui ont assuré eux-mêmes son instruction. Il était dans un milieu stimulant, naturel, à vaquer à ses occupations et à se poser d’innombrables questions sur son environnement. Questions auxquelles … ses parents avaient des réponses à apporter, des livres à fournir.
Le petit Nicolas a été stimulé par ce qu’il observait, touchait, expérimentait en totale liberté (ou presque) et par le biais de ses parents lettrés, scientifiques, éduqués.
Le contexte n’était pas défavorable, vous en conviendrez.

Deuxième sur ma liste : les dirigeants des écoles dynamiques et démocratiques. Écoles sans professeurs dans lesquelles les enfants se gèrent et sont censés apprendre seuls. Pas de milieu naturel ouvert lorsque ces écoles sont en pleine ville.
Ici, nous sommes à Paris. Des rangées d’ordinateurs sans filtre mais avec, de temps en temps, un passage adulte des fondateurs qui prétendent y jeter un œil (les ordis sont coupés à 13 h « sinon, ils passent leur journée dessus, me confie l’un des fondateur »). Les enfants y étaient TOUS collés dans la matinée. Les uns sur Agar.io ; d’autres démarrant le film « Logan » en streaming alors que d’autres suivaient les exploits d’un joueur commentant le jeu vidéo auquel il était en train de jouer. Commentaire spontané de l’un des « membres » (âge : 8 – 9 ans) :
– Ce qu’on regarde, ça fait vraiment peur. C’est tout noir et on ne sait pas d’où peuvent venir les zombies et quand il y en a un, c’est vraiment l’horreur …
– Mais pourquoi vous regardez ça, si c’est tellement angoissant ?
– Je ne sais pas … Comme ça …

Stimulation de l’environnement dans un but d’apprentissage ? Pas très élevé, selon ce que j’ai vu pendant une matinée (durant laquelle la majeure partie des membres de 3 à 17 ans sont restés collés aux ordinateurs).
Plus tard dans la matinée, des enfants joueront à se poursuivre dans un couloir censée être une zone de « marche » (une règle ayant été votée par la communauté pour réguler le passage dans le lieu).
Que me cite-t-on sans arrêt pour défendre ce type d’enseignement ?
L’école Sudbury sur laquelle se base ces « pédagogies » (« pédagogie » … ça me laisse pantoise …) a un exemple émérite que TOUT LE MONDE me cite : un enfant n’avait pas appris à lire jusqu’à l’âge de 11 ans. Il allait à la pêche et tout à coup, à 11 ans, a ressenti le besoin d’apprendre à lire. Il l’a fait. Très vite. Puis il a étudié, étudié, étudié et – tadam ! – a monté une société à succès, rentable etc.
Ok. Merci. Un autre exemple à succès ? No lo se. On me sert toujours la même sauce.

Pourtant ces écoles permettent à certains enfants de s’épanouir et ça, je ne le nie pas. Mais pour y parvenir, il faut une sacrée maturité et, je pense, proposer des ateliers en plus, auxquels les enfants peuvent assister s’ils le souhaitent. Je pense que la stimulation est essentielle dans un contexte libre.

Maintenant, on prend les mêmes enfants. On les colle dans une famille d’illettrés, parents collés sur les téléphones toute la sainte journée, au chômage ou absent car devant travailler. Une famille n’ayant PAS LES MOYENS de mettre les enfants dans une structure à 6 000 € l’année dès l’âge de la maternelle.

L’enfant est dans un contexte sans précepteur. Pas de lecture à la maison, peu de stimulation, pas d’outils d’apprentissage …

Et on se retrouve avec ça :

Inégalités : « À quatre ans, un enfant défavorisé a entendu 30 millions de mots de moins qu’un enfant de famille aisée »

Je ne dis pas que les enfants n’allant pas à l’école sont voués à l’échec. Il y a l’instruction à la maison qui peut se faire de manière correcte, ouverte, et assez rigoureuse pour apporter le nécessaire à l’enfant. Loin de moi cette idée. L’école a des lacunes : je suis la première à le reconnaître et à en parler.

[Petit aparté : l’école à la maison se développe aussi pour que certaines communautés ne soient pas obligées de se mélanger aux autres, par souci de religion non commune, par exemple, de sectarisme … ceci angoisse les inspecteurs de l’éducation nationale car ils constatent un manque d’ouverture des communautés vers l’autre, « l’étranger » … cela m’angoisse de la même manière lorsque les motivations sont celles-ci.]

Je dis que l’enfant doit être stimulé, dans un contexte l’amenant à observer, s’interroger, explorer, toucher, sentir, etc. et avoir les moyens de chercher et de trouver des réponses à ses questions.
Et les enfants – faisons-leur confiance – reconnaissent qu’ils ont besoin de cela et que sans stimulation ni apport, ils seraient perdus. Ils ADORENT apprendre des choses, connaître, découvrir et lorsqu’ils savent, ils partagent spontanément la nouvelle.

Exemple très précis et vécu : EdFab en 2016. J’ai un groupe de jeunes collégiens du 93.

Mission : imaginer l’enseignement du futur sous l’angle du « lieu ». À quoi ressemblera « l’école du futur » si tant est qu’elle soit encore physique …
Je les ai poussés à imaginer un peu de tout :
– dans un parc, allongés dans l’herbe en devisant gaiment de différents sujets
– chez eux à potasser des MOOCS et posant des questions à un prof en visio conférence
– en visitant des lieux sympas (musées, entreprises …) puis en retournant chez eux mais sans profs
– etc. etc.

Ce qu’il en est ressorti ? La vérité et la reconnaissance du savoir apporté sort de la bouche des élèves.
« Hé mais m’dame … Vous vous rendez pas compte, vous ! Si je suis chez moi toute la journée plutôt qu’au collège ou au lycée, je passe ma vie sur l’ordi, puis je vais au frigo et je reviens sur YouTube … j’apprends rien du tout. Je ne fais que des jeux vidéos ou j’en regarde. C’est tout. Vous croyez que j’ai envie de rester bête ? Au moins les profs nous obligent à apprendre des trucs et nous racontent ce qu’ils savent. »
Ils me tenaient tous ce discours, peut importait leur niveau, au collège ou au lycée. Ils avaient tous conscience que les profs partageaient des choses importantes avec eux. J’avais envie de pleurer de joie et de leur coller de gros bécots sur leurs joues d’ados.
J’ai ressenti la même chose pour moi, en tant qu’élève, tant de fois … Une maman et une jeune élève journaliste me parlaient de l’inutilité des apprentissages, des « trucs débiles » que l’on enseigne … Je réprouve cette vision trop réductrice et suis certaine que les apprentissages divers et variés forgent malgré tout la pensée et la structurent.

Cela ne vous sert pas à vous, là, maintenant mais, ça aura éveillé une passion, un intérêt, un « truc » chez d’autres que vous. Ne jugez pas trop sévèrement ce que l’on transmet : on doit composer avec une diversité évidente d’enfants et … j’ai un exemple concret.
Je détestais l’allemand et ne voulais pas le travailler mais, étant Alsacienne d’origine, c’était obligatoire. Je me disais que je ne mettrai jamais les pieds en Allemagne et que j’avais hâte d’en finir avec cette langue (jusqu’en seconde où là, tout a changé …).

Je deviens professeur des écoles et démarre l’enseignement dans une classe à Bischheim. Je dois enseigner l’allemand. Zut … Je suis une catastrophe ambulante dans cette langue.
Je découvre une formation offerte au Goethe Institut de Berlin. Je m’inscris, suis prise. Je pars un mois.

ET LÀ, J’AI BÉNI, LOUÉ, ENCENSÉ mon prof d’allemand de seconde, M. Péril, qui nous avait fait apprendre les verbes forts, la syntaxe, en passant par du vocabulaire, et qui nous avait transmis d’excellentes méthodes de travail.
J’avais tout « en moi », bien stocké précieusement quelque-part (sans m’en rendre compte !) et lorsque j’ai dû parler l’allemand quotidiennement, j’avais tellement intégré la syntaxe grâce à lui et sa passion de nous faire apprendre cette langue qu’il aimait, que je ne me trompais jamais et que j’impressionnais mon entourage.

Rigueur et passion : deux mots essentiels décrivant la méthode de ce professeur-modèle, ainsi que confiance en les capacités des élèves et … détente, dérision, rire.
Finalement, tous ces efforts, ces devoirs faits m’ont servis car j’ai poursuivi ma carrière en enchaînant avec deux années passées à enseigner en Allemagne. Pas mal pour quelqu’un qui pensait que l’allemand ne lui servirait jamais.
On a la chance d’avoir un enseignement gratuit et public, en France, ne bavons pas trop dessus tout le temps. Mais améliorons-le, et continuons à partager les bonnes pratiques pour que le plus grand nombre d’élèves ait accès au socle minimum de connaissances et d’ouverture d’esprit.

J’arrête là dessus car, comme plaidoyer pour l’école, je n’ai pas trouvé mieux que des enfants qui en bavent pour apprendre et sont heureux d’en baver car ils savent qu’ils s’élèvent.

Merci les gars et les filles. Vous donnez du sens à ma vie et les profs ont l’impression et l’assurance d’en donner à la vôtre. Je vous aime, mes petits canards en sucre, mes élèves !

Julie Kuhn aka Super-Julie