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Début

Le prédicat ou pas ? L’histoire d’un feu de paille faisant trop de fumée.

Vous pensiez tous que j’avais démêlé les fils de ce fameux prédicat ? Eh bien c’est RATÉ !

Voici le commentaire d’une professeure suite à mon article que j’ai laissé tel quel ci-dessous car je ne sais plus quoi vous dire, si ce n’est une profonde tristesse et une profonde inquiétude pour les enfants.

« Chère Super Julie, je suis désolée mais j’enseigne dans le secondaire.

J’ai assisté à ces formations qui ne sont pas les élucubrations d’un inspecteur isolé mais bien un discours général qui parle de « pacte de négociabilité », de « langue de scolarisation », qui demande de n’enseigner que les régularités en laissant tomber la conjugaison systématique, la grammaire « rigide ».

Ce dont on parle, c’est de rajouter une notion censée simplifier les choses alors qu’il s’agit purement et simplement d’une notion de logique (thème vs prédicat); ce dont on parle c’est l’abandon de la grammaire de phrase (la notion de principale a tout simplement disparu ! Pas celle de subordonnée, je vous rassure…). Alors, oui, j’en perds mon latin! Non, ça ne simplifie rien et ça n’aide pas les enfants à écrire correctement; n’en déplaise à ceux qui ont pensé la réforme et qui ont sûrement les meilleures intentions du monde. Mais suis-je bête! De toute façon, y a plus de latin ! C’est dommage parce que c’était un solide facteur de protection contre le décrochage scolaire grâce à la remédiation qu’on y faisait. »

 

On parle de quoi au juste ? Qu’est-ce que cet animal étrange dont personne ne connaît la forme ? Comment se nourrit-il ?

Pour faire SIMPLE : on a le sujet qui fait l’action et tout ce qui se dit sur le sujet = le prédicat.

Voici la définition Wikipedia : C’est ce qui attribue quelque chose au sujet, et désigne une relation sur un ensemble d’individus prédéfini.

Il semblerait qu’il y ait une définition du prédicat de linguistes de haut vol qui verseraient dans la poésie. Ci-dessous, j’ai mis en copie le papier d’Alain Bentolila publié dans Le Figaro à ce sujet qui fustige l’emploi du prédicat en primaire.

On l’utiliserait à l’école pour simplifier la vie des élèves, sans abandonner les accords, avec le COD, le COI ni quoi que ce soit d’important.

On aborde cela au cycle 4.

Et avant cela, on n’embêterait pas les enfants avec des choses qu’ils ne peuvent maîtriser correctement (sans parler des instits – moi ! – et parents qui sont obligés de réviser car ces termes sont peu usités dans le langage courant) et nous nous contenterions d’accorder correctement, ce qui est bien ce qui nous préoccupe le plus.

Est-ce que lorsque j’écris tous les jours de ma vie, je me pose la question du complément circonstanciel de temps, de lieu etc … Non. J’ai vraiment dû réviser pour me remémorer. Et pourtant, mes écrits ne semblent pas farcis d’erreurs. Si j’ai bien compris, l’important est d’entraîner les enfants, de les faire écrire pour de vrai en leur expliquant de manière simplifiée et que les accords soient naturels, viennent d’eux-mêmes en comprenant ce que l’on fait, évidemment, sans forcer le trait sur tous les termes précis non indispensables.

Mais on ne laisse pas choir le COD, ni le COI.

D’après Danièle Manesse, professeure émérite en sciences du langage, ces programmes sont les plus limpides et les mieux rédigés depuis qu’elle s’y intéresse (1972).

On respire un grand coup.

Mais alors, pourquoi tant de bla-bla, d’angoisse etc. ?

On a du monde (dont je fait partie – mea culpa) qui s’enflamme lorsqu’on touche du doigt la grammaire car j’aimerais que les enfants sachent écrire bien mieux que … leurs aînés.

N. B. : Je dis cela dans le discours que je tiens aux enfants : « Si vous retenez cela, vous serez beaucoup plus forts que tant de gens qui sont grands et ne le maîtrisent pas. » => dans le but de donner la mesure de son super-pouvoir à l’enfant et de lui donner envie d’apprendre pour être plus fort que les grands.

J’ai aussi eu accès à ce texte d’Educavox « Le coup de colère de Michel Lussault » grâce à Madame BrainPop France, j’ai nommé Jennifer Elbaz, qui remet les choses dans leur contexte.

Où cela pèche-t-il dans cette histoire ? Au moment où une seule personne écrit un article et où la toile s’enflamme, journalistes y compris, moi y compris, pour dénoncer une chose non vérifiée ou un cas isolé (cet inspecteur aux consignes étranges a certainement dit tout cela mais … Il ne maîtrisait pas du tout le sujet ? Comment c’est possible ? Incompétence ou réalité ?).

Ainsi, l’important dans ce monde, pour les journalistes aussi, est bien de prendre le temps d’étudier un sujet en l’approfondissant avant de colporter des rumeurs.

Car là, nous parlons de grammaire : il n’y a pas mort d’homme dans l’air. Mais le jour où il s’agit de cas grave … La fumée épaisse dégagée par la nouvelle mal dégrossie et amplifiée occultera bien vite toute vérité et cela pourra être dommageable dans d’autres registres.

Mea maxima culpa. La prochaine fois, on ne m’y reprendra pas.

Par Super-Julie, aka Julie Kuhn

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Grammaire: « Le prédicat est une erreur fondamentale »

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 19/01/2017.

INTERVIEW – Pour le linguiste français Alain Bentolila, derrière cette notion grammaticale « se cache une idéologie épouvantable ».

Alain Bentolila est un linguiste français, professeur à l’université Paris Descartes. Il a participé à l’écriture des programmes scolaires en 2008.

LE FIGARO. – Que pensez-vous de cette querelle autour de la notion de «prédicat»?

Alain BENTOLILA. – L’introduction du prédicat dans les petites classes n’a aucun sens. Le prédicat est une notion de théorie classique aristotélicienne. J’enseigne cette notion à mes étudiants de master 2. L’homme est le seul animal vivant à « dire des choses à propos de». Voilà ce qu’est le prédicat. Votre pensée prend le pouvoir sur votre perception comme lorsque vous dites « le chou a mangé la chèvre » ou «la terre est bleue comme une orange». Avec le prédicat, vous entrez dans la poésie, l’image. C’est une notion philosophique formidable pour mes étudiants mais, pour des enfants, ça n’a aucun intérêt. C’est une erreur fondamentale. La grammaire met en scène ce que vous voulez dire pour l’autre. On doit commencer par décrypter la mise en scène. Le prédicat est une « notion plus globale», nous affirme Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes. Il est géographe et ne comprend visiblement pas pourquoi c’est une aberration de repousser l’apprentissage du complément d’objet direct et du complément circonstanciel, lesquels permettent à l’enfant de comprendre ce qu’il lit. Pourtant dans la phrase : «Je construis une maison avec des briques et du ciment», ce qui importe à l’enfant c’est de savoir que la maison est un objet sur lequel on agit, que les briques et le ciment sont des compléments de moyen ou d’accompagnement. Vous allez situer votre action dans le temps et lui donner du sens. C’est très concret, la grammaire.

«J‘avais dit à Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes, de ne pas céder à cette mode imbécile qui donne la priorité à la nomenclature sur le sens»

Alain Bentolila

En 2008, vous vous étiez élevé, dans un rapport rendu au ministre de l’Éducation Xavier Darcos, contre un abus de jargon en grammaire.

Derrière un terme comme le prédicat se cache une idéologie épouvantable dont les enfants défavorisés sont les premières victimes. Pourtant j’avais prévenu Michel Lussault. Najat Vallaud-Belkacem m’avait demandé de le rencontrer. Je lui avais dit de ne pas céder à cette mode imbécile qui donne la priorité à la nomenclature sur le sens. Tout cela vient de la grammaire générative américaine du linguiste Noam Chomsky, très influent à partir des années 1970. Ce dernier pensait que le cerveau était programmé pour le langage et que l’enfant retrouverait tout seul la logique des phrases (sujet, prédicat) qu’il a naturellement dans sa tête. Ce n’est pas faux. Une part de l’apprentissage se fait par imprégnation. Mais au nom de cet universalisme, on a balayé une partie de la grammaire traditionnelle. L’université française a voulu rompre avec le structuralisme pour avoir une grammaire qui avait un aspect très rigoureux. Mais on était à mille lieues de ce qu’est l’apprentissage d’une langue.

«Le drame, c’est qu’à force de changements, on a déboussolé les enseignants qui ont fini par ne plus faire de grammaire»

Alain Bentolila

Vous fustigez particulièrement la «grammaire de texte» introduite dans les programmes des années 1990…

Les élèves se sont mis à étudier la grammaire au fil des textes, sans logique, par imprégnation, sans progression. Si vous avez un texte avec une proposition relative avant d’étudier les phrases simples, tant pis! Cette linguistique sous influence américaine a fait dévier la grammaire de ses rails. Cette grammaire de texte a quasi disparu avec les programmes de 2008. Les programmes de 2015 sont un peu retombés dans l’ornière. Ils n’assoient pas assez la compréhension des élèves. On a tendance à mettre l’élève au centre des apprentissages alors que la vérité est entre les deux. Il faut qu’il découvre par lui-même, certes, mais il faut aussi le guider.

Quelles sont les solutions?

Le drame, c’est qu’à force de changements, on a déboussolé les enseignants qui ont fini par ne plus faire de grammaire. La formation des maîtres est une catastrophe absolue. Je commencerai par retirer ces formations des universités lesquelles ne connaissent que très peu de choses en matière des besoins d’apprentissage des enfants.