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Différentes possibilités :

Cibler un âge précis et une plateforme précise, ainsi qu’une matière.

Sélectionner âge et type de plateforme en-haut de la page, ainsi qu’une « matière », une catégorie  dans l’encart.

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Exemple de sélection « 6 ans » – « iPad » – « anglais ».

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Pour sortir de cette sélection fine, il faut désélectionner « 6 ans » – « iPad – anglais » en allant sur « Tous les âges », « Toutes les plateformes » et « Toutes les catégories ».

Avec un mot-clef, c’est possible aussi. « Dauphin » tapé dans le moteur de recherche et let’s go !

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Début

Le numérique et l’école – Inspirons-nous de l’étranger : l’Australie

Nous courons partout à la recherche de la martingale qui permettra l’acquisition du savoir sans douleur et dans la plus stricte précision pour nos chères têtes bien faites, celles appartenant à nos enfants et nous préoccupant grandement. Cette martingale a failli porter le nom de « digital ». Mais non ! Avant de nous ruer sur des pratiques numériques, observons les pays ayant déjà trébuché sur leur tablette et autre laptop et s’étant cassé le nez sur les écrans qui ne sont pas toujours les amis de l’enseignement. Retenons le meilleur de ces pratiques sans les diaboliser pour autant car bien utilisées, elles sont un véritable apport de qualité.

Computers in class ‘a scandalous waste’: Sydney Grammar head

Voici un article intégralement traduit qui devrait faire réfléchir tous les acteurs impliqués dans cette révolution qui clame bien trop fort son nom car elle rime avec dollars. Dollars qui sortent de la poche du contribuable et viennent largement remplir celles des fabricants de matériel qui voient dans le marché de l’éducation une manne providentielle. Je ne suis pas manichéenne et regarde cela avec réserve et modération. Je ne veux pas priver les élèves des avantages de l’outil digital car il en a tant, mais je veux de la diversité et non de l’abandon de motricité.

Ainsi, je fais part de mes observations en gras / gris-bleu.

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Observation sans précipitation :

Ordinateurs à l’école : « Le gâchis scandaleux » par le directeur de la Sydney Grammar School.

Une école de haut niveau australienne a banni les ordinateurs de ses classes arguant que ceux-là distrayaient les étudiants des cours.

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John Vallance, le proviseur, parle des millions de $ dépensés ces dernières années pour équiper les écoles comme d’un formidable gâchis : « Des écoles aux budgets limités dépensent des sommes disproportionnées dans des technologies qui ne donnent pas de résultats bénéfiques, évaluables ou pas. Elles ont dépensé des millions dans les TBI (Tableaux Blancs Interactifs), les projecteurs et maintenant, tout ce matériel a été abandonné. » => Dommage pour l’abandon du matériel. Cela est souvent lié à une mauvaise formation des professeurs (qui peuvent aussi s’y intéresser spontanément sans attendre de formation, il est vrai) et à un entretien insuffisant du matériel.

La Sydney Grammar School (SGS) a interdit ces équipements aux élèves y compris pour les derniers niveaux et les oblige à écrire les consignes et compositions jusqu’en 10 e année. => Il est évident que les élèves doivent apprendre à écrire à la main car le geste graphique est essentiel pour intégrer un savoir. Notre capacité à associer des informations visuelles et auditives au geste fin de l’écriture permettent une bonne mémorisation.

D’autre part, si on imagine une scène de science-fiction, les robots ont pris le pouvoir et coupent l’énergie nécessaire à la communication. Il nous reste une seul moyen d’envoyer un message à quelqu’un : l’écrire à la main. Mais si on ne maîtrise plus le geste graphique, on est perdu. C’est la garantie de notre autonomie.

Cette politique de vieille école inverse la tendance de la plupart des écoles supérieures et de presque toutes les écoles primaires qui avaient sollicité les parents pour l’achat d’ordinateurs à utiliser à l’école.

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J. Vallance dit que les 2,4 milliards de $ que le gouvernement de Rudd-Gillard a utilisé pour son plan de Révolution de l’Éducation Digitale, dont les fonds publics utilisés pour les étudiants, sont un gâchis : « Cela n’a pas vraiment d’autre effet que d’enrichir Microsoft, HP et Apple; Ils possèdent de puissants lobbies dans la communauté éducative. » => Évidemment cela représente une manne pour ces firmes MAIS l’outil reste intéressant et il faut bien que quelqu’un le produise. Pourquoi ne pas démarrer par des TBI ? Cela permet d’illustrer les propos d’un enseignant immédiatement sans que TOUS les élèves ne soient connectés et divertis par l’accès aux réseaux sociaux et autres infos non pertinentes pour le cours.  

Les élèves de la SGS ont accès aux ordinateurs en salle info et les utilisent à la maison.

J. V. considère les ordinateurs comme source de distraction en classe : « Nous voyons l’enseignement comme une activité sociale fondamentale, qui a à voir avec l’interaction humaine, la discussion, la conversation. Nous trouvons qu’avoir des ordinateurs portables en classe ou des iPads inhibe les échanges et distrait les gens. Si vous avez la chance d’avoir un bon professeur et un groupe de camarades motivés, ce serait un gâchis d’introduire quoi que ce soit détournant de la synergie positive créée par ce type de contexte. » => Il est possible toutefois d’envisager n’avoir que quelques tablettes en classe (venant compléter le TBI) pour les travaux de groupe tels que des recherche documentaires (limitons à une dizaine de tablettes) qui sont ramassées lorsque le travail arrive à son terme. 

Académiquement, la SGS est parmi les mieux classées en Australie et est fréquentée par les fils de l’élite politique et économique. Pas loin d’un étudiant / 5 des diplômés de 12 e année de l’an passé s’est placé dans le premier % d’étudiants australiens dans le classement d’admission à l’université australienne tertiaire.

L’école compte parmi ses alumni 3 anciens premiers ministres -Malcom Turnbull, Edmund BArton et William MacMahon – à l’instar d’un poète du « bush », Banjo Paterson et d’un chef d’entreprise, David Gonski, qui est le concepteur d’un modèle pour venir en aide aux étudiants nécessiteux.

L’école privée de garçons, revenant à 32 644 $ l’année, caracole régulièrement en tête des classements nationaux des tests en lettres et en arithmétiques.

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J. Vallance dit qu’il préfère dépenser l’argent en personnel enseignant plutôt que dans la technologie : « Dans les écoles équipées d’ordinateurs, il y a des vols, de la casse – ceux-ci tombant dans la cour, vous devez embaucher du personnel supplémentaire pour l’entretien et remplacer l’équipement régulièrement. Les technologies ne sont plus une dépense massive dans le budget de l’école qui, justement a des toilettes qui fuient et des bâtiments délabrés aux murs lézardés. Si j’ai le choix entre équiper une salle de classe d’ordinateurs ou embaucher un autre professeur, je choisirai le prof sans hésitation. » => Le nerf de la guerre étant de limiter les dépenses numériques au stricte minimum ET d’avoir du personnel. 

J. Vallance qui quittera la fonction de proviseur, après 18 ans de bons et loyaux services, a été élève à Cambridge, administrateur de la Bibliothèque Nationale de la fondation NSW et a dirigé l’École d’Art Nationale. En 2014, le gouvernement de coalition le nomma « critique spécialisé » du curriculum d’art national qu’il qualifia « de décousu, vague et condescendant. » avec une tendance de l’élimination de la rigueur.

J. V. dit que précédemment, les ordinateurs ont introduit une grande tendance à la paresse dans l’enseignement : « Il est beaucoup plus facile de donner l’illusion d’avoir préparé un cours. » => Je confirme ! Je l’ai déjà fait, de venir en classe en ayant moins bien préparé un cours mais munie de polycopiés trouvés en ligne. C’était par manque de temps mais je me rappelle encore et j’ai détesté.

Il critiqua aussi le plan insensé de l’autorité australienne de « validation des acquis » (l’autorité fixant les programmes) consistant à numériser les tests du programme national en langues et en maths : « Cela signifie que des générations d’étudiants feront le NAPLAN sur des ordinateurs, ils n’auront plus l’occasion d’écrire manuellement, ce qui me semble fou. Le fait de priver les enfants de la capacité de s’exprimer par l’écriture manuelle est très dangereux. » => J’approuve ce message !

John Vallance dit que la SGS a étudié la différence entre des travaux effectués en écrivant manuellement et sur ordinateur parmi les garçons en année 3 et 5 : « Dans les exercices de créativité à l’écrit, ils ont trouvé beaucoup plus aisé d’écrire à la main sur un morceau de papier, qu’ils ne le font avec un clavier. »

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John Vallance est certain que l’on pourrait le traiter de dinosaure, « mais je ne suis en aucun cas anti technologies. J’aime les gadgets. C’est en partie parce-que nous les apprécions tous tellement que nous avons ces règles, sinon nous n’aurions plus qu’à nous taire. La technologie est à notre service et non notre maître. Vous ne pouvez pas admettre que la partie devienne le tout … et c’est ce qui est en-train de se passer. »

Il ajoute que les ordinateurs d’une classe privent les enfants de l’opportunité de débattre et de confronter des points de vue avec le professeur : « L’un des outils les plus puissants en éducation est la conversation. La livraison de matériel d’enseignement digital à travers l’Australie a eu un effet normatif puissant. Il est assez difficile pour les enfants d’apprendre à exprimer un désaccord, comment ne pas se conformer à la ligne du parti parce-qu’ils ne peuvent questionner les données – la possibilité de poser les questions leur est subtilisée. » => Il est tout à fait envisageable de converser en ayant un TBI éteint et à dispo dans la classe. Ne soyons pas non plus anti-progrès, mais composons avec tous les outils, sans être extrémiste dans un sens ou dans l’autre et surtout sans couper le rapport humain.

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J. Vallance dit qu’il est scandaleux de constater que l’Australie a dépensé des sommes beaucoup plus importantes que par le passé dans l’éducation et que les résultats sont de plus en plus mauvais. »Pour équiper une école supérieure de taille moyenne de TBI, il faut entre 250 000 et 500 000 $. Ceux-ci ne sont utilisés à la SGS uniquement à la demande des profs : « C’est une somme énorme dans la vie d’une école qui pourrait être utilisée pour recruter du personnel compétant. Lorsque nous écrirons l’historique de cette période de l’éducation cet investissement dans les technologies sera une fraude immense. » => Je ne pense pas qu’il faille être aussi radical. Si le matériel est utilisé à bon escient, il augmente grandement les leçons. 

L’OCDE a aussi posé la question de la confiance grandissante dans les technos à l’école et a publié dans un rapport l’an dernier l’importance de donner aux étudiants les bases dans les matières fondamentales telles que la lecture, les maths et l’écriture avant d’introduire l’ordinateur. Il a été prouvé que les grands utilisateurs d’ordinateurs en classe « sont bien plus mauvais dans la plupart des matières de base. Finalement, les technologies peuvent amplifier un bon enseignement, mais la bonne technologie ne peut remplacer un enseignement pauvre », conclue le rapport.

=> Ainsi, le mot de la fin serait : il faut de tout pour un équilibre idéal. Ne coupons pas les enfants d’une source d’information aussi précieuse vers laquelle nous nous tournons volontiers, nous adultes. D’autre part, il devient essentiel, ESSENTIEL de former les petits à la recherche et à la sélection de l’information. Les parents n’ont clairement pas le temps de le faire et cela fait partie du rôle de l’école.  Ne reléguons pas ces outils à la sphère privée / familiale. Pourquoi ? Parce-que l’enfant sera une fois de plus seul devant son écran, non guidé, non formé, non averti et que c’est bien cela qu’il va falloir éviter au maximum dans les années à venir – cf. mon expérience négative avec You Tube qui peut arriver à n’importe quel enfant traînant sur ce réseau (comme souvent cela leur arrive).

Je suis persuadée qu’il ne faut pas démarrer TROP tôt (pas avant 4 – 5 ans certainement) mais qu’amener l’outil digital avec parcimonie et intelligence peut être un vrai plus, sans abuser et en conservant les fondamentaux, la motricité fine, le travail de la main. L’essentiel étant de NE PAS HONNIR cet outil car cela le rendra d’autant plus attirant et les enfants se jetteront deux fois plus dessus. Il faut les y former rapidement pour les protéger et enrichir leur expérience éducative.

Par Super-Julie