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Début

Janusz Korczak

Description de cette image, également commentée ci-après

[Pédiatre et pédagogue génial – a géré un orphelinat pour enfants juifs en Pologne, Varsovie – a suivi les enfants déportés en 1942 et est mort avec eux au camp d’extermination de Treblinka]

Connaissez-vous ce monsieur absolument épatant qu’est Janusz Korczak – (né le 22 juillet 1878, mort le 6 août 1942) ?

« Vous dites :
— C’est épuisant de s’occuper des enfants.
Vous avez raison.
Vous ajoutez :
— Parce que nous devons nous mettre à leur niveau. Nous baisser, nous pencher, nous courber, nous rapetisser.
Là, vous vous trompez. Ce n’est pas tant cela qui fatigue le plus, que le fait d’être obligé de nous élever jusqu’à la hauteur de leurs sentiments.
De nous élever, nous étirer, nous mettre sur la pointe des pieds, nous tendre.
Pour ne pas les blesser. « 
Janusz KORCZAK, prologue de « Quand je redeviendrai petit »

Korczak a œuvré à une refonte complète de l’éducation et du statut de l’enfant, sur des bases constitutionnelles entièrement nouvelles reconnaissant ses droits, son statut de citoyen à part entière, le respect de sa parole et privilégiant la sauvegarde et le respect absolu de l’enfance.
Il a incarné une véritable pédagogie du respect, une école de la démocratie et de la participation qui font aujourd’hui universellement référence.

Sur le plan pédagogique, l’œuvre de Korczak s’inscrit dans la lignée de la « pédagogie active » et de « l’École nouvelle »

Voici son idéologie, ses préceptes et ce sur quoi il serait bon de baser notre rapport aux enfants :

« Je te respecte et parce-que je te respecte j’exige le meilleur de toi-même. » Korczak exige le meilleur de chaque enfant. L’enfant sent qu’on le respecte lorsqu’on exige le meilleur de lui-même.L’enfant sent qu’on l’aime lorsqu’on attend le meilleur de sa part. Il voit l’adulte allant vers le moi-disant comme un pauvre type.
Pour Korczak, l’enfant est une personne qui a droit au respect, à l’écoute autant qu’à l’affection et à la tendresse. Ainsi il faut apprendre à … attendre sa parole, parfois. Korczak est quelqu’un qui sait se mettre à leur hauteur.
Le droit de l’enfant est très important. Il est citoyen et est partenaire de la discussion. « Ne te demande pas si l’enfant est intelligent mais COMMENT l’enfant est intelligent. »
Korczak pensait que dans le monde adulte il y a plus de gens stupides que dans le monde des enfants.

Le mot essentiel caractérisant son rapport à l’enfant et sa pédagogie est « éthique ».
Un éducateur avec une éthique, dans ce monde de la marchandisation, est essentiel.
Il prône aussi un aspect pratique à la pédagogie.
L’éducateur doit apprendre autant que l’enfant. Il doit se mettre à l’écoute et tenir un journal de ses expériences pour tenir compte de ses erreurs et progresser.
Partant du postulat que l’intérêt pour l’élève est suscité par le respect de ses envies, celui-ci n’est pas obligé d’écouter ni de travailler sans arrêt. S’il n’est pas réceptif, il peut faire autre chose.
Ainsi, lorsqu’il écoute, c’est vraiment par envie et avec intérêt. Son écoute est de qualité.

Sa grande quête tournait autour du fait de créer une vie sociale qui soit agréable pour tout le monde.
Il a créé un tribunal pour les enfants avec un règlement.
S’il y avait un souci, les enfants réglaient leurs problèmes avec un conseil juridique qui chapeautait le tout.
Il y avait aussi les conseils adultes – enfants où l’on fixe les règles ensemble et on se demande pourquoi on les fixe, on comprend et on a envie de les respecter puisque fixées par tous.

Idée forte : le sursis. Les enfants ont des pulsions et veulent les réaliser sans attendre … comme de réagir avec impulsivité à des propos tenu par autrui et d’avoir envie de la « taper ». Il a insufflé cette idée de sursis pour grandir et réfléchir à « ce que je veux et où je vais ».
Korczak suggère qu’il faut prendre le temps de réfléchir avant de se battre.
Il instaure un permis à points pour les bagarres : 10 pts / semaine.
Il enlevait des points en fonction de la taille des bagarres.
Puis, il affina : « vous pouvez taper sur qui vous voulez à condition de le prévenir 24 h à l’avance. »
C’est structurant, cela apprend à réfléchir à la démocratie, au rapport à l’autre, à ses pulsions.

Les règles de la pédagogie de Korczak sont sévères et pleines d’obligations mais sont acceptées par tous car tout se fait dans le respect. Propreté des cahiers, la bonne tenue du matériel, le travail mené avec soin et rendu etc … L’éducateur place ses exigences très haut pour lui-même aussi. Ainsi les enfants voient l’exemple.
Korczak avait instauré une boîte aux lettres pour écrire ses doléances. Ceux qui ne savent pas écrire demandent aux plus âgés.

Voici, en édulcoré, son histoire et pourquoi il est incontournable dans l’histoire de l’éducation – extraits tirés de Wikipédia.

– Son vrai nom : Henryk Goldszmit. Janusz Korczak est un nom emprunté à un héros de chevalerie.
– Lors de sa naissance, sa famille ne prit pas soin de l’inscrire au registre des naissances (étrange, non ?)
– À l’âge de 13 ans, Janusz Korczak se plonge dans la lecture pour oublier ses angoisses dues à l’internement de son père.
– L’année de ses 14 ans, sa grand-mère mourut, elle était la seule à le soutenir dans son rêve de changer le monde pour les enfants. – Son père mourut en 1896 en se suicidant, laissant sa famille sans ressources
– En tant que médecin, il avait droit à un appartement de fonction et recevait 200 roubles par an en 4 fois, mais se faisait porter malade à chaque échéance (refus de la richesse). Son engagement est venu par les événements vécus : les guerres qui ont laissé des enfants meurtris. Lors de la 1 re guerre mondiale, il soignait les enfants. Il a construit son oeuvre éducative autour de l’éducation non violente.
– En 1911-1912, il devint le directeur de Dom Sierot, l’orphelinat qu’il créa pour les enfants juifs de Varsovie.
– En 1911, il prit la décision de ne pas fonder de famille.
– Il fut arrêté pour son militantisme (il avait mis en place des salles de lecture dans un orphelinat de Varsovie)
– Lors de la 2e guerre mondiale, sur les deux dernières années de sa vie, il s’occupa presque exclusivement des enfants de son orphelinat.
– Dans le même temps, Igor Newerly essaya d’obtenir des papiers à Korczak, mais ce dernier refusa (ce qu’il fit à plusieurs reprises lorsque des occasions de s’échapper seul du ghetto se présentèrent). (refus d’abandonner les enfants dont il avait la charge)
– Il disparut en même temps que ses enfants du ghetto en 1942, le 5 ou 6 août, décidant de lui-même et insistant même pour pouvoir accompagner ses enfants sur leur route vers les chambres à gaz de Treblinka.
– Au petit matin du 5 ou 6 août 1942, des soldats SS, ukrainiens et lettons encerclèrent le Petit Ghetto.
– Korczak menait les enfants, sans chapeau, avec des bottes militaires, tenant deux enfants par la main. Il y avait dans le cortège 192 enfants et près de dix de leurs soignants. Les enfants marchaient quatre par quatre dans leurs plus beaux habits, portant le drapeau du Roi Mathias Ier. Ce même jour, l’armée nazie déporta de l’Umschlagplatz 4 000 enfants des orphelinats et leurs accompagnants du ghetto de Varsovie.

« Dans le domaine des droits de l’enfant, il est aussi le précurseur de la mise en pratique des droits positifs de l’enfant (droits d’expression, de participation, d’association, etc.) officiellement établis le 20 novembre 1989 par les articles 12 à 17 de la Convention des Nations unies pour les droits de l’enfant, un texte et un acte politique majeur dont il exigeait l’élaboration depuis la fin du XIX e siècle. »

Enfin Charlet a pu montrer (in H. Lethierry « l’humour outil pédagogique ») que Korczak, par son sens de la dérision, reliait la question des droits de l’enfant a celle de l’humour.

Soixante ans après sa mort, l’histoire et l’œuvre littéraire, pédagogique, philosophique et sociale du « Vieux docteur », encore méconnues en France, interpellent encore l’ensemble des pratiques et des regards des adultes sur les enfants et les jeunes.

« Le fait que Korczak ait volontairement renoncé à sa vie pour ses convictions parle pour la grandeur de l’homme. Mais cela est sans importance comparé à la force de son message. »
— Bruno Bettelheim