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Comment la connaissance peut mener au fanatisme

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[Comment une perception différente de la connaissance mène au fanatisme …]
ENFIN un papier intelligent sur le fanatisme de tout crin et comment y remédier dès le plus jeune âge (à consulter en cliquant ici). C’est cette lumière d’Edgar Morin qui nous éclaire.
J’apporte mon éclairage perso à ses propos que je trouve idéaux.

« [Le fanatisme] porte en lui la certitude de vérité absolue, la conviction d’agir pour la plus juste cause et la volonté de détruire comme ennemis ceux qui s’opposent à lui ainsi que ceux qui font partie d’une communauté jugée perverse ou néfaste, voire les incrédules (réputés impies). »
[Il] préconise depuis vingt ans d’introduire dans nos écoles, dès la fin du primaire et dans le secondaire, l’enseignement de ce qu’est la connaissance, c’est-à-dire aussi l’enseignement de ce qui provoque ses erreurs, ses illusions, ses perversions.
Car la possibilité d’erreur et d’illusion est dans la nature même de la connaissance. La connaissance première, qui est perceptive, est toujours une traduction en code binaire dans nos réseaux nerveux des stimuli sur nos terminaux sensoriels, puis une reconstruction cérébrale. Les mots sont des traductions en langage, les idées sont des reconstructions en systèmes. »


Ce que signifie cela : il y a la connaissance. L’élève apprend et donc « sait », a la certitude de savoir. Il a une perception de la connaissance d’une chose qui est la sienne et qui sera marquée par sa culture, ses prérequis, son état physique mental etc … L’erreur induite par ces différents états peut impacter la connaissance pure que l’on veut transmettre. La connaissance sera ainsi propre à chacun et le message retenu ne sera pas le même d’une personne à l’autre.
CHAQUE individu a sa perception d’une connaissance qu’il est convaincu d’être la meilleure puisqu’il « connaît » et, si son voisin n’a pas la même perception, le 1 er n’aura de cesse – s’il est convaincu que c’est la vérité – de vouloir convaincre celui-ci – par tous les moyens.

RÉDUCTIONNISME, MANICHÉISME, RÉIFICATION

« Nul ne naît fanatique. » S’il y a une chose courte à retenir, c’est celle-ci. On devient fanatique si l’on « s’enferme dans des modes pervers ou illusoires de la connaissance » : si l’on se convainc que ce que l’on sait est la vérité sans considérer l’opinion d’autrui qui, de fait, a tort.

Edgar Morin nous explique les trois modes pervers ou illusoires de la connaissance menant à la construction d’un être fanatique : « le réductionnisme, le manichéisme, la réification. »

Il explique que l’enseignement peut « déraciner » le fanatisme : c’est à dire enlever les racines. Lorsqu’on coupe les racines, une plante, une mauvaise herbe meurt. Le fanatisme s’arrête alors.

Alors que lorsqu’un individu s’est « radicalisé » (voir la divergence « racine – radicalisation ici) il est devenu « réformiste – révolutionnaire » et veut changer le monde pour le mettre en accord avec ses idéaux.

1 re mode : La réduction. La partie devient le tout. Un trait de caractère, un attribut physique va définir une personne dans son entité sans prendre en considération sa globalité, ses idées, sa culture, sa philosophie etc … Et si cette « partie » nous déplaît, nous rejetons la personne dans son entité.

Edgar Morin : « au contraire, là où entrent en jeu sympathie ou amour, on la réduit au meilleur d’elle-même. Or, la réduction de ce qui est nôtre en son meilleur et ce qui est l’autre en son pire est un trait typique de l’esprit de guerre et il conduit au fanatisme. »

2 e mode : Le manichéisme. Edgar Morin : « La vision unilatérale du réductionnisme (la partie aimée ou détestée prise pour le tout) devient vision du monde dans laquelle le manichéisme aveugle cherche à frapper par tous les moyens les suppôts du mal, ce qui, du reste, favorise le manichéisme de l’ennemi. » => On cherche à supprimer cet autre qui a un détail qui nous gène et représente le Mal absolu sans que nous ne nous donnions la peine de découvrir le reste de sa personne. Cela s’applique à une société entière, considérée comme une unité à éliminer.

Edgar Morin : « Il advient alors que, menacés, nous considérons comme le pire de l’humanité l’ennemi qui nous attaque, et nous entrons nous-mêmes plus ou moins profondément dans le manichéisme. » => La société frappée par ce manichéisme se retourne vers l’attaquant, sans se donner la peine de le considérer lui aussi dans son entité et le réduit à la partie détestée.

3 e mode : La réification (du latin res = chose – faire d’un concept une chose concrète). Edgar Morin : « les esprits d’une communauté sécrètent des idéologies ou visions du monde, comme elles sécrètent des dieux, qui alors prennent une réalité formidable et supérieure. L’idéologie ou la croyance religieuse, en masquant le réel, devient pour l’esprit fanatique le vrai réel. Le mythe, le dieu, bien que sécrétés par des esprits humains deviennent tout-puissants sur ces esprits et leur ordonnent soumission, sacrifice, meurtre. »

Très simplement : une communauté exprime l’idée d’un dieu, qu’elle se crée. Ce dieu n’est, évidemment, pas visible, pas palpable. Mais cette communauté va petit à petit le représenter, ce dieu, car pour croire, il faut voir (dixit St Thomas ;). Le concept devient réalité et la communauté peut y croire avec encore plus de force, de ferveur. La croyance ainsi « matérialisée » devient si forte qu’elle supplée le réel et qu’il fait sens de se battre pour elle.

Edgar Morin remet les choses dans leur contexte : « Tout cela s’est sans cesse manifesté et n’est pas une originalité propre à l’islam. » N’oublions pas non plus cette réalité : cette réification sous-tend depuis toujours les guerres de TOUTES les religions.

POURQUOI CE FANATISME EST-IL LIÉ À L’ISLAM, PRÉSENTEMENT ?

Les fanatismes révolutionnaires n’ont plus d’idéaux de réforme de la société. Ils se sont endormis dans un consumérisme patenté. Alors que le « monde arabo-islamique [est] passé d’une antique grandeur à l’abaissement et à l’humiliation. Mais l’exemple de jeunes Français d’origine chrétienne passés à l’islamisme montre que le besoin peut se fixer sur une foi qui apporte la Vérité absolue. »

COMMENT CONTRER CETTE TENDANCE ?

Edgar Morin : « la « connaissance de la connaissance », permet de faire détecter aux âges adolescents, où l’esprit se forme, les perversions et risques d’illusion, et d’opposer à la réduction, au manichéisme, à la réification une connaissance capable de relier tous les aspects divers, voire antagonistes, d’une même réalité, de reconnaître les complexités au sein d’une même personne, d’une même société, d’une même civilisation. En bref, le talon d’Achille dans notre esprit est ce que nous croyons avoir le mieux développé et qui est, en fait, le plus sujet à l’aveuglement : la connaissance. » => La certitude d’avoir une connaissance nous aveugle et rend nos actes et paroles proférés au nom de cette connaissance légitimes.

Or, avoir la connaissance du fait que la connaissance doit être vue dans sa globalité, avec ses contradictions, nous fait avancer vers l’ouverture à la vraie connaissance, celle qui ne se suffit pas et se réinvente, se réajuste sans arrêt.

Edgar Morin : « À cela il faut ajouter, l’enseignement de la compréhension d’autrui et l’enseignement à affronter l’incertitude. »

Aussi, « les aspirations les plus profondes de l’être humain qui sont de se réaliser comme personne au sein d’une communauté solidaire »  ne peuvent trouver leur salut dans le consumérisme proposé par la société.

AVOIR FOI EN L’AMOUR ET LA FRATERNITÉ

Pour se rassurer face aux dangers inhérents aux menaces immenses de ce temps (changements climatiques, exodes, guerres, crises économiques …), la société se replie sur « son identité ethnique ou nationale, […] soit sur une promesse de salut qu’apporte la foi religieuse. »

En un syntagme de Super-Julie : « Je suis citoyenne du monde. » et voici la version éclairée et si belle d’Edgar Morin : « C’est ici qu’un humanisme régénéré pourrait apporter la prise de conscience de la communauté de destin qui unit en fait tous les humains, le sentiment d’appartenance à notre patrie terrestre, le sentiment d’appartenance à l’aventure extraordinaire et incertaine de l’humanité, avec ses chances et ses périls.

C’est ici que l’on peut révéler ce que chacun porte en lui-même, mais occulté par la superficialité de notre civilisation présente : que l’on peut avoir foi en l’amour et en la fraternité, qui sont nos besoins profonds, que cette foi est exaltante, qu’elle permet d’affronter les incertitudes et refouler les angoisses. »

Ce en quoi je crois plus que tout : chacun porte ses angoisses et ses incertitudes mais si chacun les confronte à la fraternité et à l’amour, ces sentiments négatifs sont réduits à néant.

La réponse à apporter à cette violence développée par ce qui fait l’essence même de notre société actuelle, le consumérisme érigé comme fin en soi, est le fait de créer du lien, de resserrer ceux existant, de les renforcer et de mettre au centre l’amour et la transmission de celui-ci SANS CONDITION.

Par Super-Julie, complètement en adhésion avec les paroles sublimes d’Edgar Morin que je remercie pour ce texte qui éclaire mes jours et me dit que j’ai raison d’y croire et de tenter d’avancer sur cette voie.